Saines Gourmandises... par Marie Chioca

16 décembre 2014

Kalinka-kalinka-kalin-tralala...

 

Blinis maison à l’épeautre et au son d’avoine

(Recette hyper saine, à IG très bas pour les fêtes...)

 

 

_DSC7898-3-2Ouf, une bonne chose de faite ! Cela faisait au moins 3 Noëls que je voulais partager cette recette avec vous (sans jamais en trouver le temps, hélas) : Elle est à la fois si simple, si saine et si délicieuse que grâce à elle je n’ai plus acheté de blinis depuis belle lurette (et pourtant, si vous saviez à quel point j’en raffole !).

Cette recette, elle est presque « magique » : du son d’avoine, de la farine d’épeautre complète, des œufs, de l’eau, et basta (ou presque). Pas de crème fraîche, pas de matière grasse ajoutée hormis l’huile d’olive de la poêle. Cerise sur le gâteau ? Il est presque impossible de faire plus simple : la veille au soir vous mélangez vite-fait tous les ingrédients dans un petit saladier, vous « oubliez » au frigo jusqu’au lendemain le temps que la pâte lève, et vous n’aurez plus ensuite qu’à faire cuire des petites cuillerées de pâte dans une poêle toute simple, sans vous enquiquiner à chercher, trouver, acheter, payer une « poêle à blinis » {objet 100% superflu qui encombrera vos placards 11,5 mois sur 12, coincé entre la stupidissime fontaine à chocolat achetée sur un coup de tête la veille d’un mardi Gras, le « redoutable » gaufrier paresseux – 7 min par gaufre ! - offert par La Redoute, et les derniers survivants du top 10 des cadeaux de mariage les plus imbéciles qui squattent plein de toiles d’araignée depuis 10 ans, et qui y resteront encore longtemps : on ne risque de les casser, vu qu’on ne les sort JA-MAIS }  

_DSC7752-2Pas de « poêle à blinis » donc pour réussir cette recette, mais juste une bonne poêle toute simple, en tôle de fer, en fonte, en céramique, en émail, comme vous voulez, mais si possible pas en inox car ça attache un peu plus (et encore moins en téflon…).

Ces blinis « light », si raisonnables qu’on pourrait s’en faire une ventrée en pleine cure Cabot ;), sentent juste terriblement bon dans toute la maison en cuisant… et je ne vous parle même pas de la tuerie au moment de les savourer : c’est tout moelleux, aéré, avec un exquis petit goût de levain et d’avoine chaude…

Vous avouerai-je que je m’en fais aussi parfois au petit déj, en mode « pancake » ? La seule différence, c’est que j’utilise une cuillère à soupe au lieu d’une cuillère à café pour doser la pâte que je verse dans la poêle. Mais j’ai intérêt à me lever tôt et à fermer toutes les portes si je ne veux pas être obligée d’en céder au moins la moitié, car sachez-le : ces blinis-pancakes au son d’avoine, mes 4 grands savent les trouver « au sonar », rien qu’en suivant les effluves, même quand ils ont encore les yeux fermés et la marque de l’oreiller tatouée sur la joue ^^

Documents4-2Pour les photos, j’ai garni mes blinis façon « assiette nordique ». Comment ça c’est pas très  original ? Mais si c’est original, avec de si jolies couleurs ! Le « truc vert », c’est un avocat Haas mûr à point mixé avec un peu de jus de citron et de fleur de sel, puis déposé à la poche à douille sur les blinis. C’est merveilleusement bon avec la crevette. Le truc rose, c’est du fromage de chèvre frais mixé avec un petit bout de betterave cuite qui restait du repas de la veille (ne me demandez pas « un bout comment ? » j’ai complètement oublié de le peser…) : c’est super joli, et ça va très bien avec le haddock cette fois-ci. Dommage toutefois que la betterave, ça ait un tel goût de betterave, car la couleur suffisait amplement à mon bonheur (je n’aime pas trop ça, la betterave, heureusement que le fromage de chèvre était là…). Le truc jaune pâle, ben, c’est du beurre, tout simplement, parce qu’avec la truite fumée on a pas encore trouvé mieux il me semble… ;) J’ai ensuite saupoudré tout ça de graines de pavot, de sésame, de piment d’Espelette, de baies roses (pas tout "en vrac", un parfum par type de blinis seulement !) et même ajouté des petites barbes de fenouil sur les blinis à la truite fumée. D’ailleurs, ça, c’est un bon plan, ne vous ruinez plus à acheter de l’aneth qui n’a pas de goût et qui pousse en serres… choisissez plutôt quelques bulbes de fenouil qui serviront à vos salades, poêlées, jus détox, etc. et prélevez les petites barbes qui poussent au centre pour aromatiser vos saumons, truites et autres poissons : c’est beaucoup plus goûteux !

Et puis, petite anecdote qui a fait fondre mon cœur de maman ;) : ce matin, j’étais en train d’installer tous les éléments pour photographier mes blinis, à côté de ma petite puce, toute en admiration devant la couleur rose de ma crème chèvre-betterave. Le temps que j’aille chercher ma bougie rose pour peaufiner la déco de ma scène, et là, surprise, elle avait posé ses poupées russes à côté des blinis ! « C’est jouyi hein maman ? ». J’étais tellement touchée… et aussi émerveillée par son bon goût : car c’est vrai que ses matriochkas étaient exactement du même ton que la crème de betterave !

J’ai commencé à lui expliquer gentiment que oui, effectivement, c’était très joli, mais que je ne pouvais pas les laisser là sur ma photo, et puis je me suis interrompue, frappée par cet incroyable clin d’œil de la Providence. Après tout, le blinis, c’est russe…

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Crème de chèvre à la betterave, haddock, graines de pavot... Je raffole du haddock, je trouve cela au moins aussi bon que le saumon ou la truite !

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Version végétarienne, avec un petit oeuf de caille, "mayonnaise" d'avocat et graines germées en mélange "alfa-radis-fenouil" (ce mélange que vous trouverez en magasin bio s'accorde particulièrement bien avec les poissons fumés...), le tout relevé d'un peu de baies roses.

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Crevette sauvage, "mayonnaise" d'avocat, une touche de piment d'Espelette...

 

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Truite fumée bio, beurre frais, sésame blond, barbes de fenouils (j'aurais pu aussi ajouter des baies roses et/ou des graines germées alfa-radis-fenouil, mais on ne peut pas penser à tout sur le coup ;))

 

Ingrédients pour environ 30 petits blinis
Préparation : 5 min
Cuisson : quelques minutes par poêlée
(Préparer la pâte 12H avant pour lui laisser le temps de lever)

 

150g de farine de grand épeautre T130
150g de son d’avoine
30 cl d’eau tiède
4 oeufs
1 sachet de levure de boulangerie déshydratée
2 c. à soupe rase de sucre de coco ou de sucre de canne (sur les blinis des photos, j’avais oublié le sucre, voilà pourquoi ils sont tout blancs. Mais vous, ne l’oubliez pas, ça ajoute vraiment un petit « plus » côté saveur)
Une bonne pincée de sel fin
Huile d’olive pour la cuisson
 

_DSC8158-2La veille, ou du moins 8 à 12H avant, délayer la levure dans l’eau tiède (pas plus de 45°C, pour ne pas « tuer » les levures). Mélanger dans un petit saladier le son d’avoine, la farine, le sel et le sucre. Faire un puits, ajouter les œufs et l’eau, bien mélanger avec un fouet. Couvrir d’une assiette et « oublier » au frais toute la nuit. La pâte va lever au frais, beaucoup plus doucement qu’une pâte à pain ou à brioche, et gagnera en arôme.

Le lendemain, mélanger délicatement la pâte avec 3 ou 4 coups de cuillère, sans trop insister, juste pour s’assurer que le fond ne soit pas plus liquide que le dessus (ça arrive parfois, en fonction des qualités de son d’avoine : si vous voyez dès le début que la pâte a une texture homogène, inutile de mélanger plus). Faire chauffer une poêle, si possible en tôle de fer noire, en émail ou en céramique (plutôt qu’en inox) avec un peu d’huile d’olive (sans la faire fumer). Verser des grosses cuillerées à café de pâte en laissant un petit espace entre chaque pour que les blinis ne se collent pas entre eux en s’étalant, puis poser un couvercle et baisser le feu. Pour être absolument parfaits, les blinis doivent être saisis dans une poêle très chaude, puis continuer leur cuisson quelques instants couverts à feu très doux pour avoir le temps de bien lever. Dès que le dessus est « précuit » (c’est à dire que la pâte n’est plus crue, brillante et coulante sur les blinis, mais au contraire bien mate, « figée », et que les petites bulles sont devenus des petits trous) les retourner avec une spatule et ne laisser cuire que 30 secondes de l’autre côté. Remettre toujours un peu d’huile dans la poêle entre chaque tournée, car la pâte ne contient aucune matière grasse et sans cela iles blinis manqueraient de moelleux. En revanche, inutile d’ajouter de l’huile en retournant les blinis pour les faire cuire de l’autre côté.

 

Je vous laisse avec la photo d’un petit « travail d’équipe en famille » dont je suis si fière ;) : Notre crèche lumineuse, que j’ai dessiné à la craie sur une immense plaque de contreplaqué (1,50m x3m), que mon Jéjé a ensuite patiemment découpé à la scie sauteuse (c’était si délicat, il a vraiment eu le plus difficile à faire !), et que nos 2 grands fistons ont aidé à fixer au mur pendant que les filles... donnaient leur avis ;)

 Si vous passez devant une maison dont la façade est ainsi illuminée… Ben, c’est chez nous ;)))

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 Nota : Les publicités qui apparaissent sur ce blog ne sont pas de mon fait (je ne peux ni les choisir, ni les supprimer), et ne me rapportent aucune rémunération. Je suis donc profondément désolée si vous en voyez parfois certaines qui ne sont pas dans l'esprit de ce blog...


09 décembre 2014

Baba vs bûche de Noël...

 

Baba "des îles paradisiaques"...

 

1J’ai improvisé ce gâteau fin novembre pour l’anniversaire de ma deuxième grande fille… le matin de ses 12 ans, en partant à l’école, elle m’avait demandé timidement si le soir elle aurait un gâteau au chocolat. J’allais lui répondre avec un sourire jusqu’aux oreilles que ouiiiii, bingo, c’était exactement ce que j’avais prévu, mais elle ne m’en laissa pas le temps, et ajouta sur le ton de la confidence « Parce que tu comprends maman, j’ai un peu de mal avec le chocolat en ce moment ».

J’ai donc pris un air très sûr de moi pour la rassurer alors qu’en vrai, j’étais juste paniquée en pensant au gros fondant tout choco qui l’attendait planqué dans le bas du frigo depuis la veille. L’après-midi fut donc une totale improvisation du fameux gâteau d’anniversaire sans chocolat… Sachant que j’habite quand même à 30 bornes aller-retour du premier commerce - et qu’il fallait donc se débrouiller avec les moyens du bord - j’avais le choix, en gros, entre faire un gâteau aux pommes (wouaaah, super original !) ou un gâteau à… hum, à quoi au fait ? Dans le frigo, j’avais de la tapenade, dans le placard, des sardines, à la cave, des oignons et des choux raves. Le désastre.

2Et puis mon regard émerveillé tomba sur Victoria l’ananas (c’était écrit dessus « Ananas Victoria ») que j’avais acheté en prévision d’une séance photo spéciale extracteur de jus. Voilà comment est né ce gâteau qui, pour finir, a été déclaré le soir « gâteau de l’année de la famille Chioca ». Il faut dire que franchement, rien que le parfum du gâteau, c’était déjà à tomber. Moi, je ne l’ai goûté que le lendemain (parce que « gâteau le soir, silhouette en poire ») et je me suis dit qu’il fallait absolument que je retrouve la recette pour vous la donner {parce qu’évidemment, j’avais réalisé ce gâteau à l’arrache, sans rien noter, mais j’aurai dû me méfier car en général, quand je ne note pas une recette, elle est sublime et après j'enrage parce que je n’arrive plus ja-mais à refaire exactement la même. Pff. Tiens, c’est comme pour les photos : je ne sais pas si vous avez remarqué mais quand on est bien sapée, coiffée, maquillée, on fait i-né-lu-cta-ble-ment une tronche de cake. Alors que si votre mari ou vos enfants vous photographient comme ça, sans prévenir, un samedi matin en pantoufles et pyjama façon braies d’Obélix, là on arrive sans souci à se souvenir comment sourire sans avoir l'air niais… Il y aurait de quoi devenir un peu superstitieux}

3Pour en revenir au gâteau, il m’a fallu 3 essais pour arriver à le refaire presque aussi bon. Là, il est déjà vraiment sympa, même si je n’ai pas réussi à retrouver cette texture un peu spongieuse qui faisait encore plus « baba » le jour de l’anniversaire de ma grande. Mais bon, on ne va pas chipoter, d’abord parce que les Chioca commencent à en avoir un peu marre des gâteaux à l’ananas, ensuite parce que comme ça il est super bon… Et puis je pense qu’il ferait un très beau gâteau de Noël, car il est léger, moelleux, fruité, c’est exactement le genre de dessert qui me fait très envie à la fin d’un bon repas. Le fait que l’ananas s’appelle « Victoria » est très important parce que c’est l’ananas de la victoire ! (Elle est trop nulle celle-là ? Bon, OK, je l'enlève…) cette variété est particulièrement goûteuse, sucrée, mûre à point ; il faut savoir que ces ananas-là font le voyage en avion, ce qui n’est certes pas très écolo mais on ne mange pas d’ananas Victoria tous les jours, et c’est tellement mieux pour un ananas de mûrir sur son île paradisiaque  plutôt que de pûrir* dans les cales d’un énorme paquebot…

(* Non il n’y a pas de faute de frappe. Vous ne connaissez pas le terme « pûrir » ? Il s’applique à tous ces pauvres fruits et légumes cueillis tout verts et qui terminent comme ils peuvent leur maturation dans un bateau ou un semi-remorque. « Pûrir », contraction de « mûrir » et de « pourrir » va bientôt entrer dans le Petit Robert vous verrez…)

Concernant les épices, le rhum, les huiles essentielles, etc. chaque détail a son importance pour que l’harmonie de saveur soit parfaite : par exemple, vous devez mettre une pincée de cannelle, c'est essentiel, mais surtout pas plus d'une pincée car sinon elle deviendra omniprésente, écrasera toutes les autres saveurs, et votre baba des îles paradisiaques se transformera en pain d'épice à l'ananas :(

La vanille doit être bien parfumée, charnue, moi j’ai été comblée par ma gentille Manuia qui m’en a offert de son île ;)

4Certains d’entre vous vont sûrement me demander si on peut ne pas mettre de rhum… N’est-ce pas ? Je vous ai vu venir hein ? ;) Mais enfin, là c’est un baba les gars, un baba au rhum. Et un baba au rhum sans rhum, c’est comme une fondue savoyarde sans fromage, un gratin dauphinois sans patates, un bœuf bourguignon sans bœuf, un hot dog sans chien… Mieux vaut changer carrément de recette ! En plus, le rhum va cuire avec le sirop, et perdre beaucoup de son alcool... Tous mes loulous en ont mangé, même la Poupougne de 4 ans, et personne n’est allé ensuite danser le sirtakis, chanter « yo ho une bouteille de rhum » ou ronfler sous la table. Et, non, ce n’est pas parce qu’ils ont été habitués au berceau...

Idem quant au beurre utilisé pour préparer le moule : il n'y en a que très peu, mieux vaut donc vraiment - à moins d'une intolérance totale aux laitages- utiliser du vrai bon beurre bio qui donnera au gâteau un parfum inimitable. Comme il n'y a aucune autre matière grasse dans la pâte, et que vous taillerez sans aucun souci 8 à 10 parts dans ce baba, on se retrouve au final avec moins de 5g de beurre par part et je vous mets au défi de trouver chez votre pâtissier un gâteau aussi doré, moelleux, léger, parfumé, contenant si peu de beurre !

Enfin, vous aurez le choix entre le servir tel qu’il sortira du moule, c’est à dire tout lisse, tout doré, et déjà très beau, ou vous enquiquiner à le décorer comme moi cet après-midi avec des # !!!*# ! de tranches de fruits qui se feront la malle dès que vous aurez le malheur de bouger le gâteau. Après, ça peut aussi être très joli, surtout si vous utilisez des fruits exotiques qui affirmeront encore plus le côté « îles paradisiaques » : j’y verrais bien par exemple des physalis (amour en cage), des tranches de caramboles (cette espèce de courgette côtelée qui forme des jolies étoiles vertes quand on la coupe en tranches) et autres fruits hallucinants qu’on trouve souvent sur les étals en périodes de fête… sauf chez moi, à Trifouilly-la-cambrousse. Voilà pourquoi là aussi, j’ai encore fait avec les moyens du bord…

 

Baba des Îles
 
Ingrédients pour un baba de 8 parts
Préparation : 15 min
Cuisson : 10 min à 180°C, puis 20 à 25 min à 150°C.
 
 
Pour le gâteau :
1 ananas Victoria, mûr à point (soit 300g de chair une fois épluché)
3 oeufs
125 de farine T130 de grand épeautre
7 cl de sirop d'agave
1 c. à soupe de rhum ambré
3 gouttes d'huile essentielle de citron bio
3 gouttes d'huile essentielle d'orange bio
1 c. à café de poudre à lever
 
Pour le sirop parfumé
1 pincée de cannelle (ce que vous pouvez tenir entre le pouce et l'index, pas plus)
1 gousse d'excellente vanille, bien charnue, bien parfumée
7 cl d'eau
7 cl de sirop d'agave
5 cl de rhum ambré
 
Pour la chantilly (facultatif)
Une briquette de 20 cl de crème liquide de coco (ou de vache, pour une fois... c’est Noël !)
1 c. à café d'extrait de vanille liquide
20g de sucre de coco, ou de sucre complet, ou de sucre de bouleau
 
Facultatif :
Fruits divers pour décorer le baba (# !!!*# !!!)
 
Pour beurrer le moule :
40g de beurre bio

 

6Commencer par préparer le sirop afin que la vanille ait le temps de bien infuser : mélanger l’eau, le sirop d’agave, la cannelle et le rhum. Fendre la gousse de  vanille en deux, gratter soigneusement les graines à l’aide d’un couteau lisse, puis mettre le tout (gousses + graines) dans une petite casserole. Laisser bouillir 3 minutes à petit feu en fouettant de temps en temps, puis poser un couvercle et laisser infuser.

Pendant ce temps, préparer le gâteau : éplucher l’ananas, prélever 300g de chair et la couper en petits morceaux d’1 cm de côté environ.

Beurre généreusement avec les 40g de beurre un moule à savarin de 22 cm de diamètre environ, et assez haut (le mien fait environ 5,5 à 6 cm de hauteur, j’en ai entre temps acheté un deuxième de seulement 4 cm de haut et ce dernier ne vaut vraiment rien ! les gâteaux ont du mal à y lever…)

Fouetter les œufs avec le sirop d’agave, les huiles essentielles et la cuillerée à soupe de rhum jusqu’à ce que le mélange blanchisse, mousse et double au moins de volume (ce pas-à-pas peut vous aider, car la recette de ce baba ressemble beaucoup à la génoise du layer-cake de l'an dernier) comme pour faire un sabayon. Mélanger à part la farine et la levure, puis tamiser le tout au dessus des œufs fouettés. Ajouter les dès d’ananas et mélanger le tout (œufs + ananas + farine) à la spatule souple, en soulevant le mélange dans un mouvement doux et régulier jusqu’à ce que tout soit bien homogène. Ne pas travailler trop longtemps pour ne pas faire retomber les oeufs. Verser la préparation dans le moule à savarin puis enfourner pour 10 min à 180°C, puis baisser la température à 150°C pour les 20 min restantes, sans ouvrir le four entre temps.

Au moment de sortir le gâteau, le piquer avec une brochette ou la pointe d’un couteau, qui doit ressortir propre : si de la pâte non cuite y adhère (et pas seulement un peu de jus d’ananas, pour le cas où vous auriez piqué pile poil sur un morceau) ajouter 5 min de cuisson.

Quand le gâteau est sorti du four, le piquer sur toute la surface à l’aide d’une fourchette afin que le sirop puisse facilement être absorbé. Imbiber ensuite le baba tout doucement, cuillerée après cuillerée, jusqu’à absorption de tout le sirop. Laisser entièrement refroidir dans le moule à savarin, puis décoller délicatement les bords à l’aide d’une spatule ou d’un couteau et renverser le baba sur un plat de service.

A ce stade, on peut s’arrêter là… mais on peut aussi fouetter 20 cl de crème de coco bien froide en chantilly épaisse avec la vanille et le sucre, en tartiner le baba, puis le décorer de fruits de saison au choix : ça en jette un max, tout en ajoutant un petit côté frais-acidulé super gourmand si vous servez ce baba à la fin d’un repas un peu copieux…

5

 

Edit du 10/12:

Si vous cherchez un petit concours amusant qui vous aidera en outre à sensibiliser vos enfants à la preservation des océans...

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02 décembre 2014

Kouf ! Kouf !

 

Mon (super bon...) Kouglof à l’épeautre et aux fruits séchés

 

kouglof 1Il y a bien longtemps, le nom « Kouglof » me faisait beaucoup rire… Allez savoir pourquoi, cela évoquait pour moi l’image de quelqu’un avec un gros morceau de brioche trop sèche enfoncée dans la bouche, le bruit de sa déglutition quelque peu difficile accompagnée d’une toux étouffée et de grosses difficultés à parler : Kouf ! Kouf ! Kouf ! Glops... Kouf ! Glops... Koufglopfs ! ;) !

Bref, pas de quoi me faire mourir d’envie d’y goûter… « Brioche mousseline », ça, ça fait rêver. « Kouglof », un tout petit peu moins.

Et puis reconnaissez qu’il y a de quoi rester traumatisé rien qu’avec toutes ces orthographes ! « Kouglof », « kougelhof », « kugelhof », « kugelopf », « kougelhopf », « kugelhopf », « kouglouf », « Kugelhupf », « Gugelhupf » {ne lisez pas cet article à haute voix sinon votre collègue de travail va venir vous taper entre les omoplates ou, pire, vous faire la manoeuvre de Heimlich}, si on ne veut pas passer pour un âne mieux vaut quand on est auteur culinaire fuir les risques en réalisant d’autres recettes aux noms moins barbaresques… Mais mon projet sur la cuisine des grands classiques est passé par là, et j’ai voulu relever le défi du Kouglof {notez qu’en bonne feignasse du Midi, j’ai chois l’orthographe la plus cool…}, recette traditionnelle s’il en est et qui méritait à ce titre que je tente de lui faire honneur. Je m’y suis donc "collée"...

kouglof 2Première étape {la moins fatigante}, pondre 3 H devant internet pour choisir « le-plus-joli-moule-à-kouglof-du-monde-qui-ne-coûterait-pas-trop-la-peau-des-f****s » (c’est l’étape qui a donné le plus de sueurs froides à mon cher et tendre époux…)

Deuxième étape, trouver auprès d’une copine aux origines alsaciennes une bonne recette de kouglof « de sa mémé » qui marcherait comme sur des roulettes (la recette, pas la mémé…).

Troisième étape, réfléchir comment rendre cette recette plus saine (Fruits séchés à la place des fruits confits? Farine non raffinée d’épeautre à la place de la farine ordinaire? Sucre complet ou de coco au lieu du sucre blanc? Purée d’amande ou huile d’olive à la place du beurre? Tofu soyeux à la place des oeufs... Non, là, faut pas charier non plus…;))

Quatrième étape, se dire que pour éviter de se faire tailler une tête au carré par le prochain alsacien qui achèterait mon livre, on allait peut-être au moins garder le beurre… Et juste essayer d’en mettre un peu moins.

Cinquième étape, se préparer psychologiquement à devoir faire une demi douzaine d’essais pour obtenir une recette au top gustativement malgré ces quelques petits aménagements.

Sixième étape, procéder au premier essai. Soupirer pendant la cuisson en se disant qu’il faudrait certainement un marteau et un burin pour décoller mon kouglof de ce moule en terre à cannelures où la pâte risquait de si bien adhérer...

Septième étape, retourner en ricanant le moule sur un plat de service pour tenter de le démouler, mais juste pour le principe, histoire de lui donner une chance avant d’employer les grands moyens (pinces, forceps…). Faire des yeux exorbités en entendant « schplouffff » et en découvrant le kouglof parfaitement intact démoulé sur son plat…  Waouh !

Huitième étape… Goûter le Kouglof. Ne pas tousser, ne pas déglutir avec difficulté, pouvoir même parler la bouche pleine et se dire « purée que c’est bon ce truc ». En reprendre une deuxième part.

Neuvième étape… Ben, y’en a pas. Recette réussie du premier coup (ça c’est de la veine !), à la mie moelleuse, parfumée, filante, aérée, et ce malgré des ingrédients non raffinés. Depuis, c’est devenu un incontournable chez les Chioca…

Une jolie tradition rapporte que le premier Kouglof aurait été moulé dans la couronne-turban d’un des rois mages, rapportée en trophée au retour des croisades. À défaut de couronne-turban, vous trouverez ici le même moule que moi ;)

 

Pour un moule à kouglof de 22 cm de diamètre (10 parts)
Préparation : 35 minutes
Levée : 2 à 3 heures environ
Cuisson : 50 minutes

 

kouglof 4 montage• 150 g de beurre mou à température ambiante + de quoi beurrer généreusement le moule
• 100 g de fruits séchés, seuls ou en mélange (raisins, canneberges, petits cubes d’abricots bruns...)
• 2 c. à soupe de kirsch + un peu pour faire tremper les fruits
• 20 cl de lait végétal d’avoine ou d’amande
• 75 g de sucre complet de canne ou de sucre de coco
• 1 cube de 20 g de levure fraîche de boulangerie
• 500 g de farine T80 de grand épeautre, ou à la rigueur T110 (mais ce sera un peu moins aéré)
• 2 œufs
• 1 poignée d’amandes émondées
• 10 g de sel fin
• Sucre glace ou sucre de bouleau pour décorer

 

◗ Couper le beurre en petits cubes et le laisser ramollir dans un endroit tiède, sur un radiateur par exemple (ne pas le faire fondre sur le feu, car il doit être incorporé dans la pâte bien mou mais pas fondu).

◗ Recouvrir les fruits secs d’eau bouillante, ajouter une rasade de kirsch et les laisser se réhydrater jusqu’à utilisation.

◗ Faire tiédir le lait (sans dépasser 45 °C), y délayer le sucre, la levure, et ajouter les 2 cuillerées de kirsch. Bien fouetter le tout.

◗ Mettre la farine dans le bol d’un robot ou dans une terrine, ajouter le sel et mélanger. Faire un puits, puis verser le mélange liquide et les œufs battus. Pétrir 10 à 15 minutes au robot ou à la cuillère de bois jusqu’à ce que la pâte commence à devenir un peu moins collante et se détache des parois du récipient. Il faut être patient, car mieux la pâte est pétrie, plus la mie sera filante.

◗ Ajouter alors le beurre, et pétrir de nouveau quelques minutes pour bien l’incorporer. Couvrir, puis laisser lever 1 h 30 à 2 heures dans un endroit tiède (idéalement, sur un radiateur, ou au «bain-marie» dans un grand saladier d’eau chaude du robinet).

◗ Quand la pâte a doublé de volume, égoutter les fruits secs, bien les éponger dans un torchon, puis les incorporer à la pâte avec une cuillère de bois, en essayant de ne pas trop la travailler pour ne pas casser son aspect filant. Il est toutefois normal que la pâte retombe, c’est même souhaitable car elle n’en relèvera que de plus belle !

◗ Beurrer généreusement un moule à kouglof en terre de 22 cm de diamètre. Le fariner uniformément à l’aide d’une petite passoire à thé. Déposer une amande au fond de chaque cannelure du moule.

◗ Verser la pâte et égaliser au mieux.

◗ Couvrir, et laisser de nouveau lever dans de bonnes conditions (chaleur, abri des courants d’air).

◗ Préchauffer le four à 180 °C.

◗ Quand la pâte affleure les bords du moule, enfourner pour 30 minutes, puis baisser si besoin la température à 150 °C (sans ouvrir la porte du four), si le kouglof semble dorer trop vite.

◗ Vérifier la cuisson en piquant le gâteau avec une brochette en métal ou la lame d’un couteau (elle doit ressortir parfaitement sèche et chaude), puis sortir le kouglof du four et le laisser un peu tiédir.

◗ Décoller les bords à l’aide d’une spatule souple, puis renverser sur un plat de service : si le moule a été bien beurré et fariné, ce gâteau se démoule très facilement.

◗ Saupoudrer légèrement de sucre glace, puis servir si possible encore tiède avec un thé de Noël alsacien, c’est un véritable bonheur !

kouglof 5

 

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Recette tirée de mon avant-dernier ouvrage paru cet automne aux éditions Terre Vivante : La cuisine des grands classiques, ma version bio !

 



Fin »