Saines Gourmandises... par Marie Chioca

09 juillet 2015

Pour régaler vos loulous en vacances (officieusement, vous aurez aussi le droit d’y goûter…)

 

 

Yaourts « magiques » à la vanille et bon lait de ferme

(Sans yaourtière, sans thermomètre, sans allumer le four…)

 

 

Documents1-2Sur la blogo culinaire, il tourne plein de trucs « magiques » en ce moment : gâteau magique, pain magique, glace magique, bref, dès qu’une recette ou une technique se révèle simple, bonne, inratable et épatante, la voilà affublée de cet adjectif un tantinet exagéré. Je ne couperai pas à la règle, désolée pour le côté un peu « pompeux » de la chose : si ma recette de yaourt n’est pas « magique » -que Dieu m’en garde !- dans le sens littéral du terme (un simple collégien un peu porté sur les sciences pourrait vous expliquer comment les petits ferments font leur travail bien au chaud pour épaissir le lait*), disons que c’est au moins un tour de bon prestidigitateur ! J’aurais aussi pu les appeler « yaourts des feignasses » mais étant donné que je viens tout juste de vous faire le coup pour les clafoutis, ça craint un peu, vous allez finir par me prendre pour la plus grande flemmarde intergalactique de tous les temps (et je tiens à mon honneur ! ^^).

* Je vous dis ça parce qu’il m’a un tout petit peu assomé, mon collégien d’amour, avec ses histoires de "streptococcus thermophilus et lactobacillus bulgaricus" ;))

_DSC3139-2Pour mieux comprendre le côté « magique-feignasse » de ces yaourts, imaginez un peu : sans thermomètre, vous obtiendrez du premier coup la température idéale en ne faisant bouillir que la moitié du lait (95°C) puis en la mélangeant immédiatement au yaourt et reste de lait froid sortant du frigo (environ 5C°), ce qui nous donne à l’arrivée un mélange aux alentours de 50°C, température idéale d’ensemencement ! Donc, déjà on laisse le thermomètre dans le tiroir « fièvre, infections ORL » de l’armoire à pharmacie, et ça en vacances c’est cool…

Puis vous versez tout dans des petits pots qui peuvent être super jolis, de la forme et de la couleur que vous voulez (pas comme dans les yaourtières du commerce), vous les rangez dans une cocotte placée dans un simple sac isotherme de supermarché (budget : environ 1 euro, ça ira ? Les fabricants de yaourtière vont me détester…), vous fermez bien, vous couvrez d’une couverture et hop, vous allez vous coucher (la couverture ne vous manquera pas beaucoup en ce moment je pense, vous pouvez donc la prêter sans rancune à vos yaourts.)

_DSC3111-2Pendant la nuit, les yaourts vont fermenter avec une courbe de température très progressivement « tombante » (comme nous en période de canicule quand on se couche dans une chambre à plus de 30°C et qu’on se lève tout bouffi dans une chambre à 29 en se disant que # !!!@# ! la courbe de température n’a pas été si « tombante » que ça…) (condition idéale pour qu’ils soient parfaits), et le lendemain matin, ils seront prêts ! Enfin, modérez tout de même un tout petit peu votre émoi (on raaaange cette cuillère !), car ils devront tout de même faire un tout petit tour au frigo vu qu’un yaourt bien frais, c’est toujours meilleur qu’un yaourt tiédasse (si si, donc, rangez-moi vraiment cette cuillère planquée derrière votre dos !).

Le plus extraordinaire dans tout ça, c’est que vos yaourts maison seront d'une grande douceur (au bon goût de crème et de lait, sans aucune saveur aigrelette), onctueux et crémeux à souhait.

_DSC3156-2Après, vous obtiendrez peut-être un résultat un peu différent (plus ou moins "filant", parfois pas du tout, parfois un tout petit peu) en fonction de la température ambiante, du yaourt d'ensemencement (si vous prenez un yaourt du supermarché, même bio, le résultat sera plus filant qu'avec un yaourt bio de ferme ou artisanal) ou du lait utilisé : je prends pour ma part un excellent lait bio "du pays", entier, microfiltré ou cru selon les fois (avec du lait frais pasteurisé ça marche aussi) et un yaourt de marque Gaborit. Donc attention, pas de lait UHT {Uhhh… à jeter !}, ni écrémé, ni pas bio, parce que dans tous les cas vous serez super déçus ! De toute façon, en matière de yaourt comme en beaucoup d’autres choses, je suis plutôt partisane de savourer un super yaourt de gourmet de temps en temps plutôt que d’en consommer par routine, de moindre qualité. Et puis en cette belle saison où les vaches (du moins certaines vaches…) broutent dans les près, le lait est vraiment d’un crémeux, d’un parfum qui nous rend tout poétique... Vous aurez presque l’impression de retrouver dans vos yaourts la saveur de l’herbe fraîche, du foin chaud, des fleurs et des graminées…

Je vous laisse donc sur cette douce évocation en photos des champs "de chez moi" caressés par le petit vent du soir à l'heure de la traîte des vaches, quand le soleil adoucit ses rayons d’or et baigne la campagne d’une grande douceur. J'espère vous transmettre, via ces quelques images, un peu du parfum ennivrant de mon beau pays de moyenne montagne... Et bien que cela n’ait rien à voir avec ma recette (à part la couleur du pot de yaourt ;)) je ne résiste pas au bonheur de partager avec vous mon admiration quasi enfantine pour les fleurs bleues des champs… Pourquoi les bleues plus que les autres ? Je ne saurais vous le dire...

Je vous souhaite à tous de très belles vacances… et vous dis à dans 3 semaines (là ça y est, je ne couperai plus à ma réputation de flemmarde ;))

 

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Ingrédients pour 6 à 8 yaourts (en fonction de la taille des pots)
Préparation : 5 min
Cuisson : 2H
Repos : Environ une nuit
Réfrigération : 2 à 3H
 
- 1 litre de lait bio frais et entier (soit cru, soit microfiltré, mais surtout pas stérilisé UHT), de vache, de chèvre ou de brebis, sortant juste du frigo
- 1 yaourt bio au lait entier (ou 2 sachets de ferment pour yaourts bio de la marque « Nat-ali »
- 6 c. à soupe de sucre de canne complet, ou de sucre de coco
- 1 gousse de vanille bien charnue (merci Manuia !!!)

 

_DSC3359-2Faire tiédir une cocotte en fonte avec son couvercle (par exemple en la passant quelques instants sous l’eau très chaude du robinet, puis en l’essuyant) et la poser au fond d’un sac isotherme assez épais, très propre (ne servant qu’à cet usage).

Fendre en deux la gousse de vanille. Gratter les graines avec une cuillère, puis mettre le tout (graines + gousses fendues) dans une casserole avec 50cl de lait et le sucre.

Porter à ébullition en mélangeant bien.

Pendant ce temps, mélanger soigneusement au fouet dans un grand pichet le yaourt avec les 50cl de lait froid restant. Réserver.

Dès que le lait arrive à ébullition, couper le feu et verser le lait bouillant sur le lait froid, en mélangeant énergiquement au fouet.

Verser la préparation dans 6 à 8 pots (selon leur contenance), puis les déposer dans la cocotte. Verser dans le fond de la cocotte de l’eau très chaude du robinet (mais pas d’eau bouillante) de façon arriver environ au ¾ de la hauteur des pots, puis poser immédiatement le couvercle de la cocotte et fermer hermétiquement le sac. Couvrir le tout avec un plaid ou une petite couverture pliée en 4.

Laisser les yaourts ainsi toute la nuit, ou du moins 5/6H sans y toucher.

Le lendemain matin, mettre les yaourts au frais au moins 2 à 3H avant de les savourer. 

 

 

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Une poupougnette des champs et... euh, une sorte de chardon?

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Une sorte de luzerne sauvage? (au secours, y a-til un botaniste dans la salle?)

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Une scabieuse... là ça va je suis sûre de mon coup ;)

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Nota : c'est mon cher et tendre qui a photographié de près cette  (splendide !) vache à ses risques et périls... Je le précise, sinon il va bouder ;)

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Là, c'est la vue d'un champ juste à côté de chez moi (au fond, le massif du Vercors)... Je sais, je suis un peu privilégiée :) Et si vous veniez en vacances dans le Dauphiné cet été?

 

L’info de dernière minute :

Ça marche du tonnerre aussi avec du lait de soja !!! Je viens d'en goûter un qui sort du frigo, ils sont même encore plus fermes que ceux au lait de vache…

 

PS : Comme je suis jusqu’à vendredi en mode « préparation-marathon de vacances d’une famille de 8 personnes », et qu’après j'ai promis de ne plus allumer mon ordi, je m’excuse par avance : je vous promets de lire absolument tous vos commentaires (avant mes vacances ou après), mais je manquerai hélas de temps pour y répondre cette fois-ci. Merci beaucoup de votre gentillesse, et n’hésitez pas à vous répondre entre vous dans les commentaires, pour partager vos expériences et vos astuces en matière de yaourts « méthode sac isotherme » ;). Je suis en particulier très curieuse de savoir si cela fonctionne aussi bien chez vous, car à la maison nous avons été bluffés du résultat à chaque fois ! Je cherche aussi des "trucs" pour éviter la texture parfois un tout petit peu filante obtenue avec le lait de vache (jamais avec du brebis), qui moi ne me dérange pas du tout mais qui hor-ri-fie littéralement Poupougnette ;)

 Nota : Les publicités qui apparaissent sur ce blog ne sont pas de mon fait (je ne peux ni les choisir, ni les supprimer), et ne me rapportent aucune rémunération. Je suis donc profondément désolée si vous en voyez parfois certaines qui ne sont pas dans l'esprit de ce blog...

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02 juillet 2015

« En-clafoutisez » vos fruits d’été !

 

 2 bons desserts de saison (en « mode feignasse »…)

 

_DSC1058-3-2Tous ces beaux fruits, moi ça me donne envie de gâteaux féériques, genre génoise à étages fourrée de fraises, cerises, framboises, abricots… le tout lové dans une crème vanille veloutée à souhait, et nappé de coulis acidulé… Oui, ça me donne envie, mais après, quand il faudra mettre la main à la pâte alors qu’il commence à faire bien chaud {et que vous avez peut-être comme moi déjà récupéré tous vos écoliers à la maison} allez-vous vraiment me suivre sur ce coup là ? J’en doute un tout petit peu, sans vouloir vous vexer… Car j’ai remarqué une chose bien étonnante, que la science va devoir nous expliquer : dès que l’être humain se met en tongs, il ne veut plus rester plus de 10 minutes planté dans la cuisine (vous aussi ça vous a frappé ?).

Alors pour aujourd’hui, ça sera une recette de super-fainéant, du genre tu jettes tout dans le saladier, tu fouettes en 6,4,2, tu verses dans le moule et hop tu enfournes. Et le plus sympa, c’est qu’au final on obtient un dessert (ou plutôt un goûter, pour ceux qui suivent ;)) vraiment tout ce qu’il y a de plus délicieux : bien crémeux, super parfumé, aux antipodes de certains clafoutis croisés sur mon chemin et dont l’ingrédient mystère semblait être… la colle à papier peint.

_DSC1025-2-3Et puis, en plus d’être LA recette des super-feignasses de l’été, savez-vous que le clafoutis est en outre LE super héros dans la famille des desserts ? Et oui, car même sans cape stupide, ni justaucorps, ni masque noir, super-clafoutis sauve toutes les demoiselles fruits en détresse !!! Une pêche qui défaille ?… Vlan, super-clafoutis arrive et ouf, la voilà sauvée à in extremis. Une poignée d’abricots-plus-très-jojo ? Paf, vas-y que j’te les enclafoutise en un tournemain… Des jolies fraises du jardin toutes fraîches ? Ben tiens, bien sûr qu’elles vont aller dans mon clafoutis avant d’être complètement blettes, parce qu’avec des fruits bien frais, ça marche aussi !!!

Oserai-je vous avouer que cette recette n’arrive pas par hasard ?

Car avec les enfants, on en a un peu marre de voir râler le papa tout l’été devant les fruits qui se perdent. Même si en théorie, il a entièrement raison ! Mais c’est en pratique que ça se corse : Car nous, on trouve que c’est traître, un fruit. Si on y regarde bien, il pourrit toujours dans ton dos, quand tu crois que tout baigne : Genre, la pêche qui se laisse pousser la barbe, mais uniquement du côté planqué de sa cagette alvéolée. Ou l’abricot qui se liquéfie de désespoir, mais soigneusement embusqué DESSOUS un autre abricot (et tu ne t’en rends compte que quand tu passes les doigts à travers). Bref, c’est vrai, on en a marre de perdre des fruits, marre de voir râler le papa (qui nous menace à chaque fois de nous faire passer tout l’été avec des boîtes de fruits au sirop…) et du coup, la dernière fois qu’on a dû enterrer en grandes pompes 3 abrutis d’abricots bio qui s’étaient fait harakiri pendant la nuit, on a pro-mis au papa pour le rassurer que la prochaine fois qu’il nous ramènerait des fruits, on ne lui laisserait même pas le temps de passer le portail avant d’avoir dévoré les 2 cageots, là, comme ça, à même le coffre de la bagnole. Mais pour le cas, fort improbable, où quelques fruits auraient tout de même réussi à passer la porte, cette fois-ci je les surveillerai bien. Et dès que j’en verrai un qui bronche, vlan, j’te l’enclafoutiserai avant même qu’il ait eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait. Non mais.

(PS : désolé, cette solution-miracle pour neutraliser pacifiquement et gentiment les « faux-jetons » en les enrobant de douceur, ça ne marche de façon infaillible qu’avec les fruits… Ici c’est un blog de cuisine. Pour le reste, même si on aurait plutôt très envie d’en en-« claque »-foutiser certains, faut vraiment se retenir, il paraît que ça se fait pas… )

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_DSC1257-2Variante du clafoutis N°1 :

Le coco-vanille, à l'orge mondé

(Celui qui va bien avec des fruits rouges : framboises, mûres, myrtilles, et tout particulièrement les fraises !)

 
30cl de lait de soja à la vanille
20cl de crème de coco liquide
4 œufs fermiers ultra frais
35g de farine d'orge mondé
10 cl de sirop d'agave (5 c. à soupe environ)
Une gousse de vanille, ou 1 c. à soupe d'extrait de vanille liquide
300g de fraises bien mûres et de saison

 

Préchauffer le four à 150°C, si possible en chaleur tournante (mais la chaleur statique peut aussi convenir, quitte à rajouter si besoin quelques minutes de cuisson).

Huiler un grand moule à clafoutis, ou 6 gros ramequins, ou 4 plats à gratins individuels (idéalement, si vous n’avez pas de souci avec le lactose, beurrez légèrement les moules au lieu de les huiler, ce sera encore meilleur !).

Mélangez tous les ingrédients du clafoutis (sauf les fruits) en fouettant bien pour ne pas faire de grumeaux. Verser dans le ou les moule(s), répartir les fruits par dessus, puis enfourner pour environ 30 min (ramequins), 45 min (plats à gratins individuels) ou 1H (plat à clafoutis ou moule à manqué).

Le clafoutis est cuit quand la pâte est bien prise et commence à dorer, y compris au centre. Selon les fours, le temps de cuisson peut varier, il faut donc un peu surveiller.

Laisser refroidir avant de savourer, en décorant éventuellement d’un voile de sucre de bouleau impalpable.

 

 

_DSC1200-2Variante du clafoutis N°2 : 

Le miel-amande, au petit épeautre 

(Celui qui va bien avec les fruits à noyaux : cerises, abricots, pêches, nectarines, reines-claudes, mirabelles)

 

50cl de lait d'amande
2 c. à soupe un peu bombées de purée d'amande blanche (environ 40g)
4 œufs fermiers ultra frais
55g de farine T110 de petit épeautre
5 c. à soupe de miel d'acacia (115g)
350g d'abricots ou de tout autre fruit à noyau
1 c. à soupe de rhum
1/2 c. à moka d'extrait d'amande amère pour pâtisserie
2 c. à soupe d’amandes effilées

 

 

Préchauffer le four à 150°C, si possible en chaleur tournante (mais la chaleur statique peut aussi convenir, quitte à rajouter si besoin quelques minutes de cuisson).

Dénoyauter les fruits, et les recouper en deux (prunes) en quatre (abricots) ou en 8 (pêches).

Huiler un grand moule à clafoutis, ou 6 gros ramequins, ou 4 plats à gratins individuels (idéalement, si vous n’avez pas de souci avec le lactose, beurrez légèrement les moules au lieu de les huiler, ce sera encore meilleur !).

Mélangez tous les ingrédients du clafoutis (sauf les fruits et les amandes effilées) en fouettant bien pour ne pas faire de grumeaux. Verser dans le ou les moule(s), répartir les fruits par dessus, parsemer d’amandes effilées puis enfourner pour environ 30 min (ramequins), 45 min (plats à gratins individuels) ou 1H (plat à clafoutis ou moule à manqué).

Le clafoutis est cuit quand la pâte est bien prise et commence à dorer, y compris au centre. Selon les fours, le temps de cuisson peut varier, il faut donc un peu surveiller.

Laisser refroidir avant de savourer, en décorant éventuellement d’un voile de sucre de bouleau impalpable.

 

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 Nota : Les publicités qui apparaissent sur ce blog ne sont pas de mon fait (je ne peux ni les choisir, ni les supprimer), et ne me rapportent aucune rémunération. Je suis donc profondément désolée si vous en voyez parfois certaines qui ne sont pas dans l'esprit de ce blog...

 

 

 

 

22 juin 2015

Smörgåstårta…

 

Sandwich-cake au chèvre frais, saumon et piment d’Espelette

(Recette très saine et à IG bas)

 

_DSC0807-2En prévision de vos buffets estivaux, je vous ai concocté ce matin un espèce de smörgåstårta. Ceci n’est pas une injure du Capitaine Haddock, mais juste une jolie recette scandinave constituée de pain polaire garni de saumon, crème, petites herbes, concombre, etc., le tout présenté comme un gros gâteau salé à servir en entrée. Bref, c’est très rafraîchissant, simple à faire (sans allumer le four, comme ça on crève pas de chaud...) et de présentation canon !

Notons, pour les fans de culture générale (ou pour ceux qui se font un devoir de  toujours gagner au Trivial Poursuit), que le smörgåstårta* peut aussi s’appeler « sandwich-cake » en français. Ah, mais flûte alors… « sandwich-cake », ce n’est pas plus français que « smörgåstårta ». Gâteau-sandwich ? Humf, mais il y a toujours « sandwich ». Gâteau-de-gros-pains-plats-garnis alors ? Bof.

Restons sagement sur sandwich-cake…

_DSC0899-2En tombant il y a quelques temps sur cette sublime recette, j’ai eu très envie de revisiter le sandwich-cake de façon très saine, légère et un peu plus épicée sur les bords (d’où le piment d’Espelette qui lui donne en outre une jolie couleur saumonée). Le résultat est vraiment très bon, bien que je vous livre ici la version « expérimentale » à laquelle j’aimerais la prochaine fois apporter encore quelques peaufinages : Par exemple, le saumon avait un petit-goût-de-trop-peu, n’hésitez donc pas à doubler les proportions. J’aurais pu ajouter des petites herbes finement ciselées dans la garniture du gâteau (j’aurais pu, oui, et même j’aurais dû mais j’ai retrouvé mon petit bol d’herbes ciselées avec amour sur le plan de travail une fois le gâteau terminé, grrrrr). Ma déco laisse aussi un peu à désirer, loin d’arriver à la cheville du sublime sandwich-cake de Sylvie dont je vous parlais juste au dessus (bon, en même temps je n’avais pas de radis, pas de tomates cerises jaunes et ma ciboulette du jardin était très anémiée, on va dire que c’est à cause de ça que j’ai dû opter pour une déco  minable plus artistiquement minimaliste).

À réaliser, ce n’est pas plus compliqué que de préparer un sandwich. Le seul moment un peu plus technique consiste à recouvrir le sandwich-cake de crème, mais si vous avez un pépé, un mari, un oncle, un cousin ou un frère maçon-plâtrier, tout devrait bien se passer. Et si vous n’avez pas cela sous la main (que vous êtes donc contrariants !), je suis sûre que vous ferez comme moi : après un petit moment de panique (purée, je n’ai pas fait assez de crème, rââââh…) suivi d’une tentation diabolique bien vite repoussée (je ne vais décorer que la moitié du gâteau, celle qu’on voit sur la photo gnark gnark gnark), vous allez recommencer petit à petit à respirer au fur et à mesure que vous constaterez que, ouf, il y a bien assez de crème pour en mettre partout.

_DSC0686-2J’ai réalisé cette recette en remplaçant les traditionnels pains polaires par ma recette de pancakes parue dans La cuisine de la minceur durable, mais sans le sucre car je craignais que sinon, ces gros blinis attachent un peu à la poêle (c’est toujours plus compliqué de faire cuire et de retourner un gros pancake que plusieurs petits). Concernant la crème, j’ai mélangé chèvre frais et « crème fraîche » végétale de tofu lactofermenté. C’est vraiment très bon, et plus léger ainsi. Que dire de plus : bien que très épais, les pains sont délicieusement moelleux et aérés, pas du tout « estouffe-gari » comme on dit à Nice. Les concombres apportent de la fraîcheur et du croquant, le saumon et l’avocat du fondant, le piment une note légèrement épicée qui réchauffe le tout, bref, mazette que c’était bon !

Au moment du découpage, oubliez le petit couteau tout mignon comme celui qui fait le beau sur la photo, et munissez-vous d'une grande lame bien affûtée (genre, le couteau de "Psychose" à côté, c'est de gneugneute) et découpez avec un franc mouvement de scie, sans hésiter.  Car du concombre ou de vous, il faut savoir qui est le maître... Bref, ne vous laissez pas intimider par les petites tranches qui feront un tout petit peu de résistance, et allez-y gaiement. Quand elles auront trouvé leur maître, vos parts de gâteau seront nickels...

* Ne me demandez pas comment on fait ces caractères spéciaux sur le clavier, moi j’ai juste copié-collé le mot trouvé sur internet…

 

Ingrédients pour un gâteau de 8/10 parts
Préparation : 35 min
Repos au frais : une nuit
Cuisson, quelques minutes par poêlée


 
Pour les pains-blinis à sandwich
50cl d'eau tiède (+ un peu si besoin le lendemain)
6 oeufs
400g de farine T130 de grand épeautre (ou à défaut, T110 de blé)
200g de son d'avoine
1 sachet de levure de boulangerie déshydratée
2 pincées de sel
Pour la garniture :
1 petit concombre Noa
150g de saumon (mais je pense que ce serait meilleur avec 300g)
400g de fromage de chèvre frais, bien égoutté (texture de type « petit Billy »)
Un pot (235g) de « crème » fraîche de soja lactofermenté (clic ! pour voir à quoi ça ressemble)
1 avocat Haas mûr à point
Le jus d’un citron bio
1 c. à moka rase de piment d’Espelette
1 c. à café rase de paprika
Sel, poivre 5 baies
Pour décorer :
Quelques brins de ciboulette
Quelques feuilles de menthe
1 tranche de saumon fumé
2 ou 3 tomates cerise
Quelques tranches de concombre
Un peu de piment d’Espelette

 

 

 

Documents1-2La veille au soir, préparer la pâte à blinis : bien délayer dans un saladier la levure dans l’eau tiède avec un fouet, puis ajouter les œufs. Fouetter pour mélanger, puis ajouter la farine, le son d’avoine et le sel. Mélanger énergiquement au fouet pour ne pas faire de grumeaux, puis poser un couvercle ou une assiette sur le saladier et mettre au frais : la pâte va lever doucement malgré la fraîcheur du réfrigérateur, et beaucoup gagner en arôme.

Le lendemain, sortir la pâte du frigo et la mélanger très légèrement (elle doit avoir augmenté de volume et faire des bulles. ) Si elle semble trop épaisse (tout dépend des marques de son d’avoine), ajouter un peu d’eau tiède, juste histoire de permettre à la pâte de bien s’étaler dans la poêle.

Faire chauffer une  petite poêle en tôle de fer ou en céramique (16 à 17 cm) avec 2 cuillerées à soupe d’huile d’olive (sans la faire fumer). Quand elle est bien chaude, y déposer environ une louche et demi de pâte et bien étaler.

Poser un couvercle sur la poêle et faire cuire à feu très doux 3 min chrono la première face. Retourner avec une spatule et faire cuire 1 min 30 la deuxième face.

Ajouter un peu d’huile d’olive dans la poêle entre chaque « tournée » (mais inutile d’en ajouter quand on retourne les pains). On obtient alors 6 gros blinis ronds, mais seuls 4 serviront à cette recette.

Documents-2Les laisser un peu refroidir, et pendant ce temps mélanger d’abord à la cuillère de bois, puis au fouet, le fromage de chèvre, la crème de soja lactofermenté, une cuillerée à moka rase de sel, le piment et le paprika. Ne surtout pas mixer, cela rendrait la crème trop liquide : il faut juste la battre au fouet afin de l’assouplir et mélanger les ingrédients.

Éplucher et trancher finement le concombre (garder quelques jolies tranches pour décorer). Éplucher aussi l’avocat et le couper en lamelles. Citronner généreusement les lamelles d’avocat.

Monter le gâteau : poser un pain rond sur le plat de service, le tartiner de crème au chèvre. Garnir de tranches de concombre, puis de saumon. Poivrer aux 5 baies.

Poser un deuxième pain, le tartiner de crème, puis garnir de tranches de concombres et lamelles d’avocats. Poivrer.

Poser le troisième pain, le tartiner de crème, garnir de tranches de concombre et de saumon. Poivrer.

Poser le dernier pain, tartiner de fromage, puis recouvrir tout le gâteau avec la crème restante : au départ, vous aurez peut-être comme moi un grand moment de solitude en croyant qu’il n’y aura pas assez de crème au chèvre… Mais en fait si on étale bien avec une cuillère à soupe d’abord, puis qu’on lisse avec une spatule plate, retirant l’excédent d’un côté pour « plâtrer les trous » là où ça manque, tout ira bien…

Décorer le gâteau comme on veut, et servir aussitôt, ou 2 heures après pour une découpe simplifiée (car les concombres seront plus tendres).

 

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